Le vin, ça m'est tombé dessus assez tard. Pas dans une cave familiale en Bourgogne, pas en héritant d'un domaine. Dans un verre, un soir à Marseille, avec une bouteille que quelqu'un avait posée sur la table sans commentaire. Un Grenache de Provence, tanins serrés, finale longue. J'ai demandé où c'était fait. C'était à vingt kilomètres.
Depuis, j'essaie de comprendre ce truc — pourquoi ce verre-là et pas un autre, pourquoi ce sol, pourquoi cette saison. Ce journal est l'endroit où je pose les questions sans forcément avoir les réponses. C'est honnête, je crois. Le vin mérite mieux que les certitudes.
Je vis à Marseille. Cette ville qui ressemble à rien d'autre et qui ressemble à tout ce que j'aime — bruyante, directe, avec une lumière qui change tout ce qu'elle touche. La mer d'un côté, la garrigue de l'autre. Entre les deux, des vignes qui n'ont pas peur du mistral parce qu'elles n'ont pas le choix.
Ce journal parle de ce qui se passe dans les rangs selon la saison, de bouteilles qui méritent d'être racontées, de voyages faits pour comprendre ce qu'on fait chez soi. Ribera del Duero, Etna, vallée du Rhône — on va voir comment les autres font, et on revient toujours avec la même question : qu'est-ce que le soleil fait exactement à un raisin ?
J'écris comme je bois. Sans chichi. Si quelque chose est bon, je dis pourquoi. Si c'est raté, pareil. Le vin est trop sérieux pour être pris au sérieux en permanence.
Conseil, création et récits autour du vin et de la culture. Une agence à Marseille, entre la mer et la garrigue.