Il y a dix ans, sortir un rosé de Provence à table, c'était s'exposer. Dix ans plus tard, on n'a plus à défendre quoi que ce soit. Ce que le millésime 2025 a fait de bien.
Mi-avril dans les vignes. On arrache des pousses vivantes depuis le matin. C'est brutal. C'est nécessaire. C'est le vrai moment fondateur de l'année.
Trois jours dans les Langhe sous la bruine de mars. Ce que le Nebbiolo apprend à un vigneron de Provence — et ce que le temps fait aux tanins de granit.
Les bourgeons éclatent, le gel guette. Ce que le mois d'avril fait aux vignerons qui dorment mal — et pourquoi ce vert de début de saison n'a pas d'équivalent.
Six heures du matin. Le sol est encore dur. Pas froid — dur, comme agacé d'être là. On souffle dans ses mains, on saisit le sécateur, et on recommence.
Un millésime qu'on n'attendait pas. Fruité, tendu, presque impudent. Le genre de vin qui vous regarde droit dans les yeux avant même que vous ayez bu une gorgée.
Trois jours en Castille. Le soleil tape différemment là-bas — plus direct, sans la douceur de la Méditerranée. Le Tempranillo n'a pas le même complexe.
Cépage du nord adopté par le sud. Ce que le mistral lui a appris que personne d'autre n'aurait pu lui enseigner.